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Préavis en Belgique : votre employeur en doit souvent cinq fois plus que vous

30 août 2026

La plupart des gens croient que le préavis est une durée unique, attachée à l’ancienneté, la même dans les deux sens. C’est faux, et l’écart est considérable. Après vingt ans de maison, un employeur qui vous licencie doit 62 semaines de préavis. Si c’est vous qui partez, vous en devez 13. Le rapport est de près de cinq contre un.

D’où vient cette asymétrie

Depuis la loi sur le statut unique, entrée en vigueur le 1er janvier 2014, ouvriers et employés relèvent d’un même barème, exprimé en semaines et fonction de l’ancienneté. Mais le législateur a construit deux échelles distinctes.

Celle du licenciement monte indéfiniment. Elle progresse par paliers serrés les premières années, puis d’une poignée de semaines par année d’ancienneté, sans jamais s’arrêter.

Celle de la démission monte aussi, jusqu’à un plafond de 13 semaines qu’elle atteint autour de dix ans d’ancienneté. Ensuite, elle ne bouge plus. Que vous partiez après onze ans ou après trente-cinq, vous devez la même chose.

La logique est protectrice. Le préavis de licenciement sert à vous laisser le temps de retrouver un emploi, et ce temps augmente avec l’ancienneté parce qu’une longue carrière chez un seul employeur rend la reconversion plus difficile. Le préavis de démission, lui, sert à laisser l’entreprise s’organiser. Trois mois y suffisent, quelle que soit votre ancienneté.

Les chiffres

AnciennetéLicenciementDémission
3 mois3 semaines2 semaines
6 mois6 semaines3 semaines
1 an8 semaines4 semaines
2 ans12 semaines6 semaines
3 ans13 semaines6 semaines
5 ans18 semaines9 semaines
10 ans33 semaines13 semaines
20 ans62 semaines13 semaines
30 ans72 semaines13 semaines

Deux choses sautent aux yeux. Les premiers mois comptent énormément en proportion : passer de trois à six mois d’ancienneté double le préavis de licenciement. Et à partir de dix ans, la colonne de droite se fige pendant que celle de gauche continue de grimper.

Ce qui compte comme ancienneté, et ce qui n’en est pas

L’ancienneté se mesure en mois révolus à la date où le préavis prend cours, pas à la date de l’entretien ni à celle de la lettre. Un mois entamé ne compte pas.

Cette nuance a des conséquences très concrètes. Si vous approchez d’un palier, quelques jours peuvent valoir plusieurs semaines de préavis. Entre onze mois et treize mois d’ancienneté, le préavis de licenciement passe de 6 à 8 semaines : vérifiez la date exacte avant de signer quoi que ce soit.

Elle se compte à partir du début du contrat en cours, sans interruption. Une période d’intérim chez le même employeur, immédiatement suivie d’un engagement, peut compter : c’est un point à faire vérifier plutôt qu’à supposer.

Préavis presté ou indemnité

Un employeur peut choisir de ne pas faire prester le préavis et de payer une indemnité compensatoire à la place. Elle correspond à la rémunération que vous auriez perçue pendant la durée du préavis, avantages compris.

Le choix ne vous appartient pas, mais il n’est pas neutre pour vous. Un préavis presté vous laisse dans l’entreprise, avec un salaire, le temps de chercher. Une indemnité vous verse une somme en une fois, imposée distinctement, et vous êtes libre immédiatement. Aucune des deux formules n’est meilleure dans l’absolu.

Ce que notre calculateur fait, et ce qu’il ne fait pas

Le calculateur de préavis applique le barème du statut unique à partir de votre ancienneté et de la partie qui rompt le contrat. Il couvre les contrats débutés à partir du 1er janvier 2014.

Il ne couvre pas le mécanisme dit du cliquet, qui s’applique aux contrats antérieurs à 2014 et combine deux calculs successifs. Il ne traite pas non plus le licenciement pour motif grave, les préavis réduits en fin de carrière, ni les protections particulières dont bénéficient certains travailleurs, délégués syndicaux ou personnes en congé parental notamment. Dans ces cas, le résultat affiché ne s’applique pas à votre situation.

Et après

Si le contrat prend fin, deux autres montants suivent presque toujours. Le pécule de vacances restant vous est versé au départ, sur la base des jours déjà prestés dans l’année. Et l’allocation de chômage ne démarre qu’après la période couverte par le préavis ou l’indemnité, ce qui décale son point de départ bien plus souvent qu’on ne l’imagine.

Barème relevé auprès du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, pour les contrats débutés à partir du 1er janvier 2014. Les valeurs de ce tableau sont produites par le calculateur lui-même, un test bloque leur publication si l’outil et l’article divergent.

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